
Un des tous premiers à l’avoir abordé avant même que ne naisse internet est Erving Goffman qui à travers son étude de l’individu (in La présentation de soi), représente la vie sociale comme une scène de théâtre où se déroule les représentations, un public et des coulisses.
Pour Goffman (in Les Rites d’interaction) chaque individu se doit dans le monde social d’interagir avec les autres afin de se construire une identité (de façade) qui lui permette de maintenir sa position, d’évoluer et de surtout ne pas perdre la face. La face étant finalement ce que pensent en positif les individus étant en contact avec un des personnages de l’individu sur un contact donné. Pour se faire il doit utiliser bon nombres de stratagèmes diplomatiques et du savoir-vivre.
On retrouve aujourd’hui cette démarche à travers le personal branding qui pousse l’individu à se mettre en scène et produire des identités numériques diverses selon ses interlocuteurs. Ainsi les scènes sont les outils sociaux; les acteurs, le ou les réseau(x) de l’individu; le public, l’individu non-intégré au profil mais qui peut avoir un accès public (avec une implication scénique plus ou moins grande en fonction de l’ouverture laissée dans l’espace public du profil); les coulisses, la zone non-numérique (la vie quotidienne…?) et certains espaces privatisés en ligne (un profil Facebook ultra-verrouillé).
La différence majeure entre la théorie de Goffman et la réalité actuelle est finalement la connectivité de ces scènes sur la toile qui demandent plus que jamais à l’individu qui monte sur cette scène d’avoir un contrôle parfait de ses personnages donc de ses prises de paroles, de ses relations et de son implication sur internet (communautés et autres groupes).

